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Location meublée amortissement : méthode de calcul et impact sur la fiscalité

Location meublée amortissement : méthode de calcul et impact sur la fiscalité

Location meublée amortissement : méthode de calcul et impact sur la fiscalité

Location meublée : pourquoi l’amortissement change tout

La location meublée a un atout discret mais redoutablement efficace : l’amortissement. C’est lui qui, bien utilisé, permet de réduire (parfois à zéro) la facture fiscale, tout en encaissant des loyers confortables. Pourtant, sur le terrain, je constate encore beaucoup de flou : comment se calcule-t-il ? Sur quoi porte-t-il exactement ? Et surtout, quel est son véritable impact sur votre fiscalité de loueur en meublé non professionnel (LMNP) ou professionnel (LMP) ?

Dans cet article, on va remettre de l’ordre dans tout ça, avec des chiffres concrets et une méthode de calcul que vous pourrez facilement transposer à votre propre projet.

Location meublée : amortissement, de quoi parle-t-on ?

En location vide, vous déclarez des revenus fonciers : impossible d’amortir le bien. En location meublée, vous basculez dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Et là, changement de décor : le fisc vous autorise à amortir votre bien et son mobilier.

Amortir, c’est étaler dans le temps le coût d’un investissement pour tenir compte de son usure. Au lieu de « passer » le prix du bien comme une charge en une fois (ce qui serait évidemment trop beau), vous le répartissez sur sa durée d’utilisation estimée.

Fiscalement, cela se traduit par une charge comptable annuelle, qui vient diminuer votre résultat imposable, donc vos impôts. Et c’est précisément là que la location meublée devient si compétitive.

Quand peut-on bénéficier de l’amortissement en location meublée ?

L’amortissement ne s’applique pas dans tous les cas. Il est réservé :

Si vous êtes au micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers encaissés), vous ne pouvez pas pratiquer d’amortissement. Dans beaucoup de situations, le régime réel avec amortissement finit par être plus intéressant que le micro-BIC, surtout dès que :

Je le vois régulièrement en rendez-vous : un propriétaire reste par habitude au micro-BIC, alors qu’au réel, avec amortissement, il aurait pu effacer son résultat imposable pendant plusieurs années…

Ce qui est amortissable… et ce qui ne l’est pas

L’administration fiscale est généreuse, mais pas naïve. Tout n’est pas amortissable dans un investissement locatif meublé. En pratique, on distingue :

Le nerf de la guerre, c’est donc d’identifier correctement ce qui entre dans la « base amortissable » et sur quelle durée on va le répartir.

Étape par étape : comment calculer l’amortissement en location meublée

Passons au concret avec un exemple chiffré. Imaginons :

1. Séparer le terrain du bâti

On retient souvent, à titre indicatif, une part de terrain de 10 à 20 % selon la localisation (en centre-ville très dense, elle peut être plus élevée). Supposons que le terrain représente 15 % du prix global du bien (hors frais de notaire).

2. Intégrer les frais de notaire et certains frais d’acquisition

Dans une approche classique en LMNP au réel, on peut décider d’immobiliser les frais de notaire et de les amortir, par exemple sur 20 ans. Pour simplifier la démonstration, imaginons qu’on les affecte entièrement à la valeur du bâti :

3. Traiter les travaux

Si les 20 000 € de travaux correspondent à une rénovation complète (électricité, salle de bain, cuisine, fenêtres…), il est fréquent de les immobiliser et de les amortir sur une durée similaire à celle du bâti ou légèrement plus courte (15 à 20 ans). Prenons 20 ans :

4. Amortir le mobilier

Le mobilier et l’équipement (lit, canapé, électroménager, bureau, etc.) sont généralement amortis sur 5 à 10 ans. Admettons 8 ans pour notre exemple :

5. Calculer les annuités d’amortissement

On utilise la méthode linéaire (répartition égale chaque année) :

Soit un total d’amortissements théoriques annuels de :

Ces 7 567 € ne sortent pas réellement de votre poche chaque année : ce sont des charges comptables. Mais pour le fisc, ils viennent réduire d’autant votre résultat imposable. Voilà tout l’intérêt de l’exercice.

Impact sur la fiscalité : exemple de résultat LMNP au réel

Prenons la suite de notre exemple. Imaginons que le bien soit loué 750 € par mois, charges comprises, dont 50 € de charges récupérables. Vos loyers hors charges locatives sont donc de 700 € par mois.

En face, vous avez des charges déductibles réelles :

Total des charges « classiques » : 2 500 + 300 + 900 + 800 + 600 = 5 100 €.

Sans amortissement, votre résultat BIC serait :

Avec amortissement (7 567 €) :

Vous ne payez donc pas d’impôt sur vos loyers BIC, alors même que vous encaissez bien les 3 300 € de « marge » avant amortissement. L’excédent d’amortissements (7 567 – 3 300 = 4 267 €) n’est pas perdu : il est reportable sur les exercices suivants.

C’est cette mécanique de « stock » d’amortissements reportables que je vois fonctionner, année après année, chez de nombreux investisseurs : tant que vos amortissements et vos charges suffisent à absorber vos loyers, votre fiscalité reste très douce.

LMNP vs LMP : l’amortissement fonctionne, mais pas les mêmes règles de déficit

Le principe de l’amortissement est similaire en LMNP et en LMP, mais le traitement fiscal des déficits diffère.

En LMNP (loueur en meublé non professionnel)

En LMP (loueur en meublé professionnel)

Dans les faits, une bonne partie des investisseurs restent en LMNP, ce qui est souvent suffisant pour neutraliser pendant des années la fiscalité sur les loyers.

À partir de quand le réel avec amortissement est-il plus intéressant que le micro-BIC ?

Beaucoup de propriétaires hésitent : micro-BIC ou réel ? La réponse tient à deux paramètres :

En micro-BIC, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers (71 % pour certains meublés de tourisme classés). Concrètement, si vous avez 8 400 € de loyers :

Dans notre exemple chiffré, au réel, sans même parler d’amortissement, on tombe à :

Et avec amortissement, on tombe à 0 €. Autrement dit, plus :

À partir de là, la vraie question devient : avez-vous envie de vous priver volontairement d’un avantage fiscal majeur pour éviter de tenir une comptabilité et de passer par un expert-comptable ? Souvent, le gain d’impôt couvre largement le coût de cet accompagnement.

Les points de vigilance à ne pas négliger

L’amortissement est un outil puissant, mais il exige un minimum de rigueur.

Sur ce dernier point, mon expérience de terrain est claire : les investisseurs qui s’entourent dès le départ (expert-comptable, éventuellement conseil fiscal) évitent 95 % des mauvaises surprises à moyen terme.

Dans quels cas l’amortissement fait vraiment la différence ?

Au fil des années, j’ai vu l’amortissement en location meublée agir comme un véritable levier dans plusieurs scénarios typiques :

Pour certains investisseurs que j’accompagne, la combinaison « bonne localisation + rénovation intelligente + régime réel avec amortissement » a littéralement transformé le rendement net après impôts.

Comment passer concrètement au régime réel avec amortissement ?

Si vous êtes aujourd’hui au micro-BIC et que vous souhaitez profiter de l’amortissement, la démarche est assez simple, mais soumise à des délais.

Une fois le cadre posé, l’amortissement devient un outil que vous pourrez piloter dans le temps, en lien avec votre stratégie patrimoniale : conserver le bien, arbitrer, réinvestir…

Le mot de la fin : un outil technique au service d’un projet très concret

L’amortissement en location meublée n’est pas qu’un concept comptable réservé aux experts : c’est un véritable allié pour qui veut construire un patrimoine locatif rentable et fiscalement optimisé. Certes, il demande un peu plus de formalisme qu’un simple micro-BIC, mais en échange, il peut effacer votre imposition sur les loyers pendant de nombreuses années.

Si vous envisagez un investissement en meublé, ou si vous avez déjà un bien loué mais au « mauvais » régime fiscal, c’est peut-être le moment de poser la calculette sur la table et de comparer, chiffres à l’appui, micro-BIC et réel avec amortissement. C’est souvent là que le projet immobilier prend une autre dimension… bien au-delà des seules pierres.

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