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Les villes qui vont prendre de la valeur : où investir pour profiter des futures hausses de prix

Anticiper plutôt que subir : pourquoi certaines villes vont (vraiment) prendre de la valeur

Chaque cycle immobilier raconte la même histoire : pendant que certains achètent déjà trop tard, d’autres ont su lire les signaux avant les autres. Et ces signaux ne se trouvent ni dans les pubs des banques, ni dans les titres sensationnalistes, mais dans ce que vivent les territoires au quotidien.

Depuis une quinzaine d’années, j’observe une constante : les villes qui prennent de la valeur ne sont pas forcément les plus “à la mode”, mais celles où l’on a envie de vivre longtemps. Emploi, transports, écoles, qualité de vie, tissu associatif… Ce sont ces briques-là qui fabriquent la hausse des prix durable, pas les “coups” à court terme.

Alors, où investir aujourd’hui pour profiter des futures hausses de prix ? Plutôt que de vous donner une liste magique (elle n’existe pas), je vous propose une boussole : des critères concrets, et des exemples de villes qui cochent déjà beaucoup de cases.

Les signaux qui ne trompent pas : comment repérer une future hausse de prix

Avant de parler de noms de villes, regardons ce qui fait vraiment grimper les prix sur 10 ou 15 ans. Quand un client me parle “d’affaire”, je lui réponds toujours : “L’affaire, ce n’est pas ce que vous payez aujourd’hui, c’est ce que vaudra votre bien quand vous en sortirez.”

Les villes qui prennent de la valeur ont souvent en commun :

  • Un bassin d’emploi en développement : arrivées d’entreprises, zones d’activités, tertiaire en croissance, télétravail structuré.
  • Des projets d’infrastructures lourdes : nouvelle gare TGV, amélioration des axes routiers, création ou renforcement de lignes de tram/bus à haut niveau de service.
  • Une attractivité démographique : population stable ou en hausse, arrivée de jeunes ménages, solde migratoire positif.
  • Un cadre de vie agréable : nature proche, centre-ville vivant, commerces de proximité, offre culturelle et sportive.
  • Une politique urbaine lisible : PLU clair, projets de rénovation urbaine, requalification des friches, aménagements cyclables.
  • Un marché encore abordable : car pour prendre de la valeur, il faut d’abord qu’il y ait de la marge de progression.

Je le vois très nettement dans les dossiers : ce sont les villes qui travaillent en silence depuis des années sur ces sujets qui finissent par “exploser” en termes de prix… une fois que tout est déjà inscrit dans le marbre des budgets municipaux et intercommunaux.

Villes moyennes : le grand retour des “entre-deux”

Longtemps boudées, les villes moyennes sont devenues les nouvelles chouchous des ménages qui ne veulent plus sacrifier leur qualité de vie pour un studio exigu en métropole surchauffée. Télétravail, aspiration au jardin, envie de temps… Tout cela rebat les cartes.

Les hausses de prix les plus intéressantes, depuis quelques années, se trouvent souvent dans ces villes “à taille humaine” :

  • Bassin d’emploi solide mais pas saturé ;
  • Prix encore raisonnables ;
  • Accessibilité correcte à une grande métropole (TGV, autoroute, TER fréquent) ;
  • Vie quotidienne fluide : moins de bouchons, crèches et écoles accessibles, services publics présents.

Dans ce paysage, certaines villes sortent clairement du lot.

Ouest et façade Atlantique : l’attraction durable

La façade Ouest concentre une bonne partie des flux de population internes. Le mouvement n’est pas nouveau, mais il s’est accéléré : les ménages quittent les mégapoles chères pour des villes où l’on peut encore envisager une maison avec jardin sans vendre un rein.

Les villes à surveiller de près :

  • Rennes et sa couronne : la ville a déjà beaucoup monté, mais les communes bien desservies en périphérie (axe Rennes–Redon, Rennes–Vitré, et certaines communes au nord) gardent un potentiel, notamment près des gares TER. L’arrivée du métro, les aménagements cyclables et le dynamisme de l’emploi tertiaire rendent la pression durable.
  • Nantes élargie : intramuros, la progression est déjà bien entamée. En revanche, des communes reliées par tram, Chronobus ou train (Rezé, Saint-Sébastien-sur-Loire, Bouguenais, certaines communes au nord de la Loire) continuent de se valoriser, surtout autour des pôles scolaires et universitaires.
  • Villes moyennes littorales ou rétro-littorales : Saint-Nazaire, La Roche-sur-Yon, Vannes, Lorient ou même des villes un peu en retrait des côtes mais bien connectées (Cholet, Pontivy, Loudéac) profitent de cet effet “Ouest désirable”.

Une anecdote souvent parlante : un couple de cadres que j’ai accompagnés il y a huit ans à Saint-Nazaire, un peu hésitants à l’idée d’acheter une maison “si loin de Nantes”. Aujourd’hui, leur quartier est méconnaissable, les prix ont bondi, et ce sont les Nantais qui se demandent s’ils n’auraient pas dû faire comme eux plus tôt…

Sud-Ouest et Occitanie : le mix soleil, emploi et transports

Le Sud-Ouest a longtemps été vu comme “plaisant mais cher” sur les zones historiques (Toulouse, Bordeaux, littoral). Pourtant, de nombreuses villes autour de ces pôles principaux offrent encore des opportunités de hausse à moyen terme.

  • Autour de Toulouse : la ville rose a connu une flambée, portée par l’aéronautique et l’espace. Aujourd’hui, certains secteurs périurbains bien desservis (axes vers Montauban, Castelnau-d’Estrétefonds, Muret, Saint-Sulpice-la-Pointe) conservent un rapport prix/qualité de vie très attractif, surtout pour de la maison familiale.
  • Arc toulousain–Montpellier : des villes comme Albi, Castres (avec l’amélioration des liaisons routières), Béziers ou même certaines sous-préfectures bien connectées commencent à attirer des ménages en quête de soleil abordable. Les projets de lignes ferroviaires renforcées jouent un rôle déterminant.
  • Bordeaux, oui… mais en deuxième couronne : le cœur bordelais est déjà sous tension maximale. En revanche, des villes de la grande couronne bénéficiant du TER ou d’un accès facile à la rocade (Langon, Libourne, voire des bourgs bien desservis sur ces axes) voient arriver de nouveaux habitants chassés par les prix bordelais.

Les hausses les plus durables, dans cette région, se trouvent généralement sur les secteurs où les emplois ne sont pas uniquement liés au tourisme, mais à des bassins diversifiés (santé, logistique, industrie, tech, enseignement supérieur).

Grand Est, Centre et “France du milieu” : ces villes sous-estimées

On les présente souvent comme les “oubliées” de la hausse immobilière, mais c’est précisément pour cela qu’elles offrent parfois le plus gros potentiel de rattrapage. Là encore, tout dépend des fondamentaux locaux.

  • Villes connectées au TGV vers Paris ou Lyon : Reims, Metz, Nancy, Dijon, Orléans, Tours profitent d’un double avantage : bassin d’emploi local + possibilité de rejoindre une grande métropole en moins d’1 h 30. Les quartiers proches des gares, quand ils sont intégrés à des projets de rénovation urbaine, sont souvent des mines d’or à moyen terme.
  • Villes préfectures en pleine mutation : certaines capitales régionales et départementales misent clairement sur la requalification de leur centre-ville (piétonnisation, rénovation des façades, commerces indépendants, espaces verts). Quand le projet urbain est cohérent, la demande suit : c’est ce que l’on constate à Clermont-Ferrand, Angers, voire dans des villes comme Le Mans ou Poitiers.
  • Villes industrielles qui se réinventent : la transition écologique et la réindustrialisation ciblée remettent en lumière des territoires qui avaient été délaissés. Quand un pôle industriel se modernise, les besoins en ingénieurs, techniciens et services associés tirent la demande locative puis, progressivement, la valeur des biens.

L’une des clés, dans cette “France du milieu”, consiste à analyser non seulement le niveau de prix actuel, mais la vision que la collectivité a de son avenir. Une ville qui se pense, se projette, communique sur sa stratégie est rarement une ville figée.

Le rôle décisif des infrastructures : TGV, ZFE, tram et… pistes cyclables

Si je ne devais garder qu’un seul indicateur pour anticiper une hausse de valeur à long terme, ce serait celui-là : les infrastructures.

Quelques investissements publics qui changent tout :

  • Nouvelle gare ou arrivée du TGV : on l’a vu avec le TGV Est, le TGV Atlantique ou la LGV Bretagne : les villes bien positionnées sur ces lignes ont vu leurs prix grimper en quelques années (et parfois avant même la mise en service, dès l’annonce officielle).
  • Lignes de tramway et bus à haut niveau de service : chaque fois qu’une nouvelle ligne structurelle traverse un quartier populaire, le scénario se répète : au début, la méfiance (“les travaux, le bruit…”), puis la redécouverte du secteur par des ménages qui n’y mettaient jamais les pieds, et les prix qui suivent.
  • Création de ZFE (Zones à Faibles Émissions) : ces zones obligent parfois une partie de la population à se réorganiser, mais elles renforcent aussi l’attractivité des quartiers bien desservis par les transports ou cyclables. Les biens situés à proximité immédiate de ces axes doux se valorisent fortement.
  • Voies vertes et aménagements cyclables : cela peut sembler anecdotique, mais les jeunes ménages, notamment les cadres, y sont très sensibles. Dans certaines villes, les quartiers interconnectés par des pistes sécurisées voient leurs prix se rapprocher de ceux du centre.

Un réflexe simple : à chaque fois que vous entendez parler d’un gros chantier d’infrastructure sur un territoire, posez-vous la question : “Quel sera le quartier gagnant dans un rayon de 10 à 15 minutes autour ?” C’est souvent là que se cache la prochaine hausse de prix.

Ce que disent les lois et la fiscalité : un levier… mais pas un pilote automatique

On me demande souvent : “Où investir en Pinel ?” ou “Est-ce que cette ville est en zone tendue ?”. Les dispositifs fiscaux sont utiles, mais ils ne doivent pas remplacer l’analyse des fondamentaux.

Quelques repères à garder en tête :

  • Zones tendues (décret, encadrement des loyers, etc.) : être en zone tendue signifie une pression locative importante. Cela peut soutenir la valeur, mais attention aux prix d’achat déjà très élevés, qui laissent parfois peu de marge de progression.
  • Dispositifs de type Pinel/locatif intermédiaire : ils peuvent booster temporairement la construction et l’investissement, mais certains marchés se retrouvent saturés en petites surfaces neuves. À long terme, la valeur dépendra de la qualité de l’emplacement, pas de la réduction d’impôt.
  • Règles d’urbanisme (PLU, zones U/AU, servitudes) : une ville qui limite volontairement la constructibilité dans certains secteurs peut créer une rareté qui doperait les prix… à condition que la demande soit déjà là. À l’inverse, un vaste secteur ouvert à la construction sans encadrement qualitatif peut peser sur les prix.
  • Normes environnementales et rénovation énergétique : les interdictions progressives de louer les passoires thermiques vont accentuer, dans certaines villes, l’écart de valeur entre biens performants et biens énergivores. Les quartiers où le bâti est facilement rénovable (immeubles en pierre, maisons individuelles accessibles) tireront leur épingle du jeu.

Autrement dit : la fiscalité est un bonus, pas un pilote. La vraie valeur se fabrique sur le terrain, pas dans les textes de loi.

Comment sélectionner sa ville : une méthode en 6 questions

Avant de jeter votre dévolu sur telle ou telle ville “prometteuse”, prenez le temps de vous poser ces quelques questions. C’est exactement la grille de lecture que j’utilise avec mes clients investisseurs.

  • La population est-elle stable ou en hausse sur les 10 dernières années ? Regardez les chiffres Insee : une population qui recule, c’est souvent un signal d’alerte, sauf cas très particulier.
  • Le chômage baisse-t-il ou se stabilise-t-il ? Une ville qui crée de l’emploi crée mécaniquement de la demande de logements.
  • Quels grands projets sont inscrits au budget ou déjà en chantier ? ZAC, tram, pôle universitaire, zone d’activités : ce sont les moteurs futurs de la demande.
  • Les prix sont-ils encore raisonnables par rapport au revenu médian local ? Une ville déjà “au taquet” laisse peu de place à une prochaine poussée, sauf événement exceptionnel.
  • Le centre-ville est-il en train de se revitaliser ou de se vider ? Taux de vacance commerciale, nouveaux commerces indépendants, cafés, dynamisme du marché : autant de thermomètres utiles.
  • Vous y voyez-vous vivre vous-même ? Ce n’est pas un critère purement rationnel, mais si vous fuyez la ville à la première visite, pourquoi d’autres y resteraient-ils à long terme ?

Un investissement réussi repose souvent sur un subtil mélange de chiffres et de ressenti. Les meilleurs dossiers que j’ai accompagnés sont ceux où le propriétaire pouvait dire : “Je n’y vivrai peut-être pas, mais je comprends pourquoi d’autres le feront.”

Investir au bon endroit… au bon moment

Les villes qui vont prendre de la valeur ne sont pas forcément celles dont tout le monde parle aujourd’hui, mais celles qui alignent, silencieusement, les bons indicateurs : emploi, démographie, mobilité, qualité de vie, vision politique claire.

Votre avantage, en tant qu’investisseur ou futur propriétaire, c’est de pouvoir regarder un peu plus loin que l’actualité immédiate : lire un PLU, écouter un maire parler de son projet de ville, analyser un plan de transports, observer un centre-ville un samedi après-midi… Tout cela raconte la valeur de demain.

En immobilier, on n’achète jamais seulement des mètres carrés. On achète une part du futur d’une ville. À vous de choisir celles dont l’histoire, dans dix ans, fera sourire le vous d’aujourd’hui.

Sebastien

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