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Comment calculer un loyer au m2 pour fixer un prix juste et rentable

Comment calculer un loyer au m2 pour fixer un prix juste et rentable

Comment calculer un loyer au m2 pour fixer un prix juste et rentable

Pourquoi le loyer au m² est votre meilleur allié (et pas seulement un chiffre de plus)

Fixer un loyer, ce n’est pas jeter un chiffre au hasard en se disant « on verra bien si ça passe ». Un loyer trop bas, et votre investissement perd en rentabilité. Trop haut, et le logement reste vide… ou attire des locataires qui partent rapidement. Le loyer au m² est l’outil qui permet de remettre un peu de logique dans tout ça.

En réalité, le loyer au m² est un langage commun entre propriétaires, locataires, agences, banques et même administrations. Bien calculé, il vous aide à :

Voyons maintenant comment passer du simple prix global au m² réellement pertinent… sans perdre de vue la réalité du terrain.

Étape 1 : partir de la bonne surface (et éviter l’erreur classique)

Avant de parler de loyer au m², il faut être clair sur la surface. Toutes les surfaces ne se valent pas, et c’est là que beaucoup de propriétaires se trompent.

En location, on utilise principalement la surface habitable, définie par la loi Boutin. Elle exclut notamment :

Autrement dit, la belle terrasse plein sud qui a coûté une petite fortune ne rentre pas dans la surface habitable… mais elle compte évidemment dans la valeur perçue du bien, donc dans le loyer final. On y revient un peu plus loin.

Exemple concret : vous possédez un T2 avec :

Pour le calcul du loyer au m², on retiendra 37 m². Le balcon et la cave serviront plutôt de leviers pour ajuster le prix au-dessus de la moyenne du quartier, s’ils représentent un vrai avantage concurrentiel.

Astuce d’agent terrain : si vous avez un doute sur la surface exacte, faites-la vérifier ou mesurer par un professionnel. Une erreur de quelques mètres carrés peut vous faire surévaluer ou sous-évaluer sérieusement le loyer… et créer un litige en cas de contestation.

Étape 2 : connaître le loyer moyen au m²… dans votre rue, pas dans toute la ville

Parler de « prix moyen au m² à Limoges » ou « à Paris » a peu de sens. À l’intérieur d’une même ville, vous pouvez avoir des écarts de 30 à 50 % selon le quartier, la rue, l’état des immeubles, la proximité des transports ou des écoles.

Votre objectif est donc de trouver le loyer moyen au m² pour un bien comparable au vôtre, dans votre secteur immédiat.

Pour ça, plusieurs sources sont utiles :

Attention à ne pas comparer des choux et des carottes. Un T2 de 35 m² au 5ᵉ sans ascenseur, côté voie rapide, ne vaut pas le même loyer au m² qu’un T2 de 40 m² rénové, au 2ᵉ avec ascenseur, sur une petite place tranquille.

Exemple : en observant les annonces d’un même quartier, vous constatez :

Vous calculez le loyer au m² moyen de 4 ou 5 biens réellement comparables : 430 € / 32 m² ≈ 13,44 €/m² 495 € / 37 m² ≈ 13,38 €/m² 520 € / 39 m² ≈ 13,33 €/m²

Vous obtenez une fourchette autour de 13,3 – 13,5 €/m². Voilà votre base de travail.

Étape 3 : ajuster selon les caractéristiques du bien (là où tout se joue)

Maintenant que vous avez un loyer moyen au m², il faut le personnaliser à votre bien. C’est ici que l’expérience de terrain fait la différence : deux biens de même surface, dans la même rue, peuvent justifier 10 à 20 % d’écart de loyer.

Les principaux critères d’ajustement sont :

Anecdote de terrain : j’ai vu deux studios de 22 m², dans le même immeuble, même étage. L’un donnait sur une cour intérieure sombre, l’autre sur un parc arboré, avec une grande baie vitrée. Résultat : 40 € de différence de loyer chaque mois… pour la même surface et le même code postal. La perception du locataire, ça se chiffre.

Étape 4 : calculer votre loyer au m²… puis votre loyer global

Reprenons un exemple complet pour voir comment passer des données brutes au chiffre final.

Vous possédez un T2 de 37 m², au 2ᵉ étage avec ascenseur, balcon, entièrement rénové, proche d’une ligne de tram. En analysant le marché local, vous avez retenu un loyer moyen de 13,5 €/m² pour un T2 standard du quartier.

Votre logement coche plusieurs cases positives : bon étage, ascenseur, rénovation récente, extérieur, transport à proximité. Vous décidez de vous positionner légèrement au-dessus de la moyenne : par exemple 14 €/m².

Calcul :

Vous obtenez ainsi un loyer cohérent avec le marché, adapté à votre bien, et facile à justifier :

Si vous souhaitez affiner davantage, vous pouvez aussi ventiler mentalement le prix :

L’important est de garder un raisonnement structuré, que vous pourrez expliquer sans peine à un locataire exigeant… ou à un banquier curieux.

Loyers de marché vs. plafonds légaux : ce que vous ne pouvez pas ignorer

Fixer un loyer au m² ne consiste pas seulement à regarder le marché. Il faut aussi respecter le cadre légal, qui se durcit dans certaines zones et certains dispositifs.

Trois cas principaux à vérifier :

Avant de figer votre prix, demandez-vous :

Un propriétaire m’avait un jour confié un bien en Pinel qu’il louait bien en dessous du plafond, persuadé d’être « dans les règles ». Il l’était, certes, mais il perdait près de 80 € par mois de rentabilité simplement par ignorance du plafond légal autorisé. L’outil est à double tranchant : il peut vous limiter… ou vous protéger d’une sous-évaluation injustifiée.

Rentabilité : comment vérifier que votre loyer au m² est cohérent avec votre investissement

Un loyer “dans le marché”, c’est bien. Un loyer “dans le marché et rentable”, c’est mieux. Une fois votre loyer global estimé, il est utile de jeter un œil à la rentabilité brute.

La formule est simple :

Le prix d’achat total inclut idéalement :

Exemple :

Ce chiffre ne tient pas compte des charges, de la vacance, de la fiscalité, mais il vous donne déjà une base pour juger si votre loyer est cohérent avec votre stratégie : placement patrimonial, rendement, préparation de la retraite, etc.

Si vous tombez sur une rentabilité très faible (par exemple 2 à 3 %), deux possibilités :

L’art de l’ajustement : tester, observer, corriger

Le marché locatif, comme tout marché, bouge. Une estimation de loyer n’est pas gravée dans le marbre. Même avec une méthode rigoureuse, la meilleure validation reste le terrain.

Quelques signaux utiles :

Rien ne vous empêche d’ajuster légèrement :

En pratique, beaucoup de propriétaires trouvent progressivement leur « vitesse de croisière » : un loyer au m² ni bradé, ni déconnecté du marché, qui permet de louer dans des délais raisonnables à un public sérieux.

Un dernier mot pour garder le bon équilibre

Fixer un loyer au m² juste et rentable, c’est un peu comme régler la température d’un chauffage : trop bas, vous aurez froid à vos rendements ; trop haut, l’ambiance devient vite irrespirable pour les locataires… et pour votre taux d’occupation.

En résumé :

Avec cette méthode, vous ne fixez plus un loyer « au feeling », mais sur une base chiffrée, argumentée et alignée sur le marché. Et c’est souvent ce qui fait la différence entre un investissement qui ronronne tranquillement… et un bien qui reste trop longtemps à la recherche de son locataire idéal.

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